Comment l’Ifsttar contribue aux réflexions sur la transition énergétique ?

Dossiers thématiques novembre 2013 ÉnergieMatériaux et structures

Un débat national sur la transition énergétique  a été lancé par le gouvernement en janvier 2013, qui doit déboucher sur un projet de loi en 2014.

Hélène Le Du, chargée de la prospective à la direction scientifique de l’Ifsttar, nous explique en quoi la transition énergétique est un thème transversal que l’Institut aborde dans toutes ses composantes : technologiques, environnementales et socio-économiques.

 

Quel est le cadre du débat national ?

Hélène Le Du : Ce débat ouvert et citoyen s’articule autour de quatre grandes problématiques : l’efficacité énergétique et la sobriété ; les scenarii énergétiques pour 2025, 2030, 2050 ; les énergies renouvelables et les nouvelles technologies de l’énergie, et les stratégies de développement qui en découlent ; les coûts, les bénéfices et le financement de la transition énergétique.

 

Comment est impliqué l’Ifsttar ?

H. L. D. : Les préoccupations énergétiques sont au cœur de nos missions qui concernent l’aménagement du territoire et les mobilités futures, et par conséquent de notre stratégie scientifique. Cet enjeu crucial est  complexe : il répond à des besoins forts de la société, parfois contradictoires, toujours en interactions. Nous l’abordons selon une approche systémique et pluridisciplinaire, intégrant à la fois les dimensions technologiques, économiques, environnementales et sociales. Notre volonté est d’œuvrer à cette transition énergétique en étant force d’anticipation et de propositions, tant au niveau national que régional.

 

Donnez-nous quelques exemples de solutions technologiques ?

H. L. D. : J’en citerai deux. Le premier concerne la ville, où vivront 90 % des Français d’ici à 2020 : nous participons au projet Sense-City, une mini-ville de 400 m2 placée dans une enceinte climatique qui reproduit le cycle des saisons. L’objectif est de pouvoir valider de futures générations de capteurs, bas coût, distribués un peu partout dans la ville. Ils permettront de mesurer et de piloter en temps réel les consommations d’énergie, la qualité de l’air, de l’eau, la durabilité des infrastructures… Le second exemple porte sur le véhicule électrique souvent évoqué dans le débat : l’Ifsttar travaille sur les performances des batteries, les différents types de recharges et leurs infrastructures, etc., avec l’ambition d’intégrer toutes ces briques technologiques dans un projet beaucoup plus vaste de l’Institut : la route de 5e génération. On y étudie notamment la recharge par induction de véhicules (voitures, transports en commun), la couverture des besoins énergétiques de la route (signalisation, dégivrage…) et de ses services (recharge…) par des énergies renouvelables (éoliennes, revêtements photovoltaïques, par exemple sur les pistes cyclables...).

 

Pouvez-vous détailler certaines contributions en matière de sciences humaines ?

H. L. D. : Elles sont nombreuses. Elles permettent d’observer et d’analyser les évolutions en cours, d’évaluer l’acceptabilité d’une technologie ou d’une mesure, d’anticiper les nouveaux besoins… Pour revenir au véhicule électrique, nos recherches abordent différentes questions : par le biais d’enquêtes ou d’études, nous pouvons évaluer la sensibilité des ménages au coût ou aux aides envisagées, l’intérêt porté à cette innovation par la société, les usages et les services liés à ce véhicule, l’évolution des comportements, les impacts sur la multimodalité et l’aménagement des villes. Ces travaux visent à éclairer la décision publique, à accompagner les entreprises dans leurs mutations organisationnelles et à optimiser les choix.