Artificialisation des sols : déterminants, impacts et leviers d'action

Ce 8 décembre, l’Ifsttar et l’Inra restituent une expertise commune sur l’artificialisation des sols réalisée à la demande des Ministères de l’environnement, de l’agriculture et de l’Ademe. Objectif du colloque : préciser les processus de ce phénomène, ses conséquences et les solutions envisageables. Le point avec Anne Ruas, chercheuse à l’Ifsttar.

Elle est le fruit de travaux scientifiques pluridisciplinaires menés par une trentaine d’experts pendant plus de deux ans. L’expertise scientifique collective (ESCo) sur l’artificialisation des sols menée par l’Ifsttar et l’Inra fera l’objet d’un colloque de restitution ce 8 décembre à Paris dans les locaux de la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF). Ce travail commandé par le Ministère de l’environnement, le Ministère de l’agriculture et l’Ademe a consisté à dresser une synthèse de la littérature scientifique internationale sur le sujet. Finalité : éclairer les décisions publiques pour aider à mieux maîtriser un phénomène qui représente « la principale menace sur les sols en Europe ». L’expertise réalisée par les deux instituts de recherche souligne aujourd’hui « les déterminants et les impacts sociaux, économiques et environnementaux de l’artificialisation des sols ».

« Nous évoquerons d’abord les différentes méthodes utilisées pour mesurer l’artificialisation des sols et les raisons qui conduisent à ce phénomène » détaille la chercheuse. Et ces raisons sont nombreuses : construction de logements, de zones d’activités économiques ou d’infrastructures routières, coût du foncier, mode de vie… « Le nombre de personnes par foyers diminue et le nombre de mètres carrés disponibles pour chaque personne augmente. Cela conduit logiquement à une extension des villes ». Les transports jouent eux aussi un rôle : « Ils sont plus rapides et moins coûteux : il est donc possible de s’éloigner de son lieu de travail ». Par ailleurs, dans les communes périurbaines, les terrains sont moins chers et la qualité de vie supérieure. « Les citadins font ce choix de vie et développent un goût pour la nature. Ils cherchent à bénéficier des services de la ville en étant en contact avec un univers moins dense. » Conséquence : à l’instar des villes, les communes s’étendent, au détriment des terres agricoles.

Les intervenants aborderont également les questions de l’impact de l’artificialisation des sols et les leviers d’actions à mettre en œuvre. Pollution et imperméabilisation des sols, problème de santé, trafics routiers importants… Les problèmes liés à l’artificialisation concernent les hommes mais pas seulement. « La construction d’infrastructures routières fragmente le paysage. Elles empêchent la circulation animalière et végétale, ce qui entraîne la diminution des espèces. Il doit y avoir des échanges génétiques qui ne se font pas quand les espaces sont trop petits. » En ville les solutions sont aussi de rendre la ville plus verte, et moins imperméabilisées pour réduire les impacts de l’artificialisation et éviter l’étalement urbain. Le colloque sera enfin l’occasion d’échanger autour de problématiques telles que les logiques locales de développement des communes ou le manque de logements dans notre pays.

Les documents de l'expertise