iLab-Spine, un nouveau laboratoire d’excellence des deux côtés de l’Atlantique

iLab–Spine conduit des recherches sur l’imagerie, la modélisation et la biomécanique concernant essentiellement la colonne vertébrale et la moelle épinière. Objectifs : mieux comprendre les traumatismes et les pathologies du rachis, les prévenir et améliorer leur prise en charge.

Double inauguration pour l’iLab-Spine ! En octobre 2015, à la faculté de médecine de l’université Aix-Marseille et, en juin 2016, à Montréal en présence des Premiers ministres français et québécois. Ce « laboratoire sans mur » associe, côté Montréal, des chercheurs de l’École polytechnique, du CHU Sainte-Justine, de l’École de technologie supérieure, de l’hôpital du Sacré-Cœur et, côté français, des chercheurs de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), du CNRS, de l’Ifsttar et de l’université Aix-Marseille. iLab–Spine a reçu le soutien de l’initiative d’excellence A-Midex*. 

L’enjeu des recherches est de mieux comprendre la biomécanique et la physiologie des maladies du rachis et de la moelle, afin d’améliorer le traitement des blessures liées aux transports, sports, accidents domestiques, etc., mais aussi de prévenir la survenue de pathologies du vieillissement ou de déformations, comme la scoliose. Au-delà des incapacités qu’ils peuvent entraîner, ces traumatismes sont à l’origine de coûts de prise en charge très importants.

Sécurité des usagers

Dans le domaine des transports, pour les motocyclistes par exemple, « nous contribuons au développement de protections cervicales et dorsales et à la mise en œuvre de standards d’évaluation des protections, signale Pierre-Jean Arnoux, directeur adjoint du laboratoire de biomécanique appliquée (LBA), à Marseille. Nous avons également assisté un équipementier aéronautique dans la conception de nouveaux sièges d’avion optimisés pour les courbures du rachis. » Dans le champ de la performance sportive, les chercheurs ont développé des systèmes de harnais pour les acrobates (Cirque du soleil) et des dispositifs spécifiques pour les sports de glisse (ski et patin).

« D’un point de vue clinique, nos réalisations concernent la prise en charge des victimes, avec de nouveaux dispositifs pour l’immobilisation du rachis, poursuit-il. Enfin, résultat emblématique, nous avons développé des outils de simulation chirurgicale permettant de planifier les étapes d’une chirurgie du rachis. » Ces derniers permettent d’ores et déjà aux chirurgiens d’améliorer leurs stratégies de réparation.

* A-Midex, porté par l’université Aix-Marseille, a été sélectionné dans le cadre des investissements d’avenir.


 

 La question à Carl-Éric Aubin, professeur à l’École polytechnique de Montréal, chercheur au CHU Sainte-Justine et double titulaire de la chaire de recherche du Canada en génie orthopédique et de la chaire CRSNG-Medtronic en biomécanique de la colonne vertébrale.

Comment le iLab-Spine acquiert-il une place centrale en biomécanique et imagerie du rachis ?

À Montréal comme à Marseille, les équipes sont intégrées dans un milieu hospitalier. La force de notre structure est de regrouper divers partenaires pouvant s’appuyer sur nos infrastructures et nos réseaux locaux. Cette collaboration interdisciplinaire entre ingénieurs, biomécaniciens, physiciens de l’imagerie, chirurgiens et industriels est très riche : elle permet d’avoir accès aux données cliniques des patients, aux données expérimentales sur des modèles animaux et aux données de nos partenaires industriels. C’est aussi l’histoire d’une amitié. J’ai rencontré Pierre-Jean Arnoux il y a plus de dix ans. Travaillant déjà sur la biomécanique du rachis, nous avions décidé de monter un stage de post-doctorat. Au fil des années, nous avons créé une plateforme d’expertise unique autour de la modélisation du rachis. Elle a déjà permis de former 10 doctorants, 8 post-doctorants et 9 étudiants en maîtrise.

 

Article paru dans Trajectoire, le magazine n°11, à l'international p.6 "iLab-Spine, un nouveau laboratoire d’excellence des deux côtés de l’Atlantique"