L'Ifsttar en route vers l’open access

Du 22 au 28 octobre, c'est la semaine du libre accès (Open Access Week). À cette occasion, Serge Piperno, directeur scientifique de l’Ifsttar, détaille la politique d'ouverture des productions scientifiques mise en œuvre à l'Institut.

En quoi consiste une démarche open access pour l’Ifsttar ?

L’open access, c’est proposer un accès libre et gratuit à tous les résultats de la science : articles scientifiques et de vulgarisation, données de recherche, logiciels scientifiques. Le progrès scientifique repose avant tout sur le partage : la science d’aujourd’hui s’est faite avec celle d’hier. Plus la communauté scientifique partage, moins elle a de risques de réinventer l’existant, mais plus elle a de chances de l’exploiter. Cela demande aussi aux chercheurs de faire évoluer leurs pratiques. Ils doivent réfléchir en amont de leurs projets à produire des résultats partageables. Par ailleurs, open access ne signifie pas obligatoirement une ouverture totale et irréfléchie. On s’assure de bien maîtriser la confidentialité et la sensibilité des informations et on peut fixer les conditions de réutilisation : sans but lucratif, pour un projet de recherche uniquement, etc. 

Rendre les résultats de la recherche scientifique ouverts à tous, sans entrave, sans délai, sans paiement

Comment favorisez-vous l’open access ?

La tendance est à l'open science : au mois de juillet, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé le Plan national pour la science ouverte. Objectif : rendre les résultats de la recherche scientifique ouverts à tous, sans entrave, sans délai, sans paiement. Nous incitons nos chercheurs à suivre cette évolution. Pour les publications dans des revues de recherche, notre politique consiste à encourager nos chercheurs à viser, autant que possible, la voie Green Open Access - c'est-à-dire le dépôt d’une version librement diffusable sur notre archive institutionnelle Madis, interfacée avec les archives HAL et OpenAIRE. Ils peuvent aussi viser une revue en accès totalement libre et gratuit. Enfin, si nécessaire, nos chercheurs sont autorisés à pratiquer le Gold Open Access (l’article est rendu éternellement accessible librement par l’éditeur, contre financement), ce qui demande par exemple d’anticiper ces coûts sur leurs budgets (par exemple pour les contrats de recherche européens). Pour les bases de données, nous les encourageons à suivre les principes FAIR* : rendre les données faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables. L’entrepôt de données research-data.ifsttar.fr vient d’être déployé à cette fin. L'enjeu est de favoriser la mise à disposition des données qui ont parfois des durées de vie et d’utilité assez longues. Enfin, nous proposons un accompagnement aux chercheurs souhaitant publier leur logiciel sous licence libre – notamment via la plateforme github.com/Ifsttar - et tous nos ouvrages, ainsi que nos dossiers thématiques « Science et société », sont en téléchargement gratuit sous licence Creative Commons.

* findable, accessible, interoperable, reusable

Quels sont les bénéfices pour l’Institut ?

Le premier est la visibilité de nos recherches. La science est un milieu très compétitif. Plus les travaux d’un institut sont connus, plus sa renommée est importante et plus il attire des chercheurs du monde entier pour un recrutement, une visite, une collaboration…. Cela favorise aussi les échanges d’idées et conduit à des productions supplémentaires et originales. En effet, une base de données ouverte en Open Data peut alimenter les travaux de communautés scientifiques variées en permettant le croisement de données et d’approches. La dimension contributive est importante, notamment avec les logiciels : quand une communauté scientifique se structure autour d'un programme Open Source, celui-ci a plus de chances de gagner en pertinence et en performance que s'il était développé par une seule personne. En somme, l’open access améliore la qualité, la transparence et la reproductibilité du travail des démarches scientifiques, il en renforce l’éthique et les nourrit en retour.

 

 

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