Marc Tassone

Une carrière vouée aux infrastructures de transport

Depuis juillet dernier, cet ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts est le nouveau directeur délégué du site Ifsttar de Lyon-Bron.

En 1980, dès sa sortie de l'École nationale des travaux publics de l'État, Marc Tassone s'est aussitôt intéressé aux infrastructures de transport, et notamment aux routes. « Il ne faut pas oublier qu'avec près de 90 % du trafic voyageur et du fret, notre patrimoine routier est capital pour la France et lui offre une place de choix pour attirer des entreprises du monde entier », rappelle-t-il souvent. 

Depuis 2010, il dirigeait l'Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (IDRRIM) qui regroupe une centaine d'acteurs publics et privés du domaine. Son objectif : les fédérer autour d'un référentiel commun pour la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation de ces infrastructures. « Ce fut une mission passionnante où il fallait obtenir des consensus productifs tout en préservant les intérêts, parfois opposés, de chacun des membres. » Savoir écouter, analyser, synthétiser... et convaincre : autant de qualités qui lui furent sans doute précieuses pour faire de l'IDRRIM un organisme reconnu en à peine six ans.

De l'ile de La Réunion au Massif central

Au cours de sa carrière, Marc Tassone a enchainé les postes de direction depuis une quinzaine d'années. De 2000 à 2005, il a ainsi dirigé le Laboratoire régional des Ponts et Chaussées d'Aix-en-Provence, puis fut chargé des routes, du port et de l’aéroport en tant que directeur adjoint Infrastructures de la DDE de l'île de La Réunion, entre 2005 et 2008. Là-bas, il pilota une partie de la construction de la route mondialement connue des Tamarins, un projet d'un milliard d'euros. « Longue de 34 km, cette route comporte 123 ouvrages d'art dont des viaducs exceptionnels de 250 m de long sur 100 m de haut. » À La Réunion, il dut aussi gérer le fameux « Gamède », en février 2007 : « Ce cyclone, qui détient toujours les records mondiaux de pluies en soixante-douze heures et quatre-vingt-seize heures avec, respectivement, 3 930 et 4 936 mm, emporta un pont de 600 m ! » Enfin, de 2008 à 2010, il a mis en place et dirigé la Direction interdépartementale des routes du Massif central : pas loin d’un millier d'agents... et autant de kilomètres de routes et d'autoroutes.

Déjà de gros chantiers

À 59 ans, l'ancien patron de l'IDRRIM prend donc la tête du site Ifsttar de Lyon-Bron avec ses quelque 300 collaborateurs, six laboratoires et des équipements emblématiques : station de chutes de blocs pour tester des filets de protection, catapulte pour crash-tests, simulateurs de conduite high-tech, véhicules instrumentés... « Ma mission consistera notamment à ancrer encore plus profondément l'Ifsttar dans le tissu de la recherche publique de la région lyonnaise. » Le nouveau directeur délégué aura aussi à gérer de gros chantiers, telle la création pour 2019 de la plateforme Transpolis : un projet de 18,4 millions d'euros destiné à expérimenter en grandeur nature des innovations pour la ville du futur, comme des bus et camions autonomes, des systèmes complexes de gestion des feux tricolores, etc. Unique au monde, Transpolis sera dotée, sur 80 hectares, de rues, de ronds-points, de carrefours ou encore de tronçons mimant entrées et sorties de périphériques. Une plateforme de recherche et développement d’envergure qui sera cogérée avec des acteurs privés du secteur des transports.