NoiseCapture : devenez chasseur de bruits urbains !

Développée par le CNRS et l’Ifsttar, l’application gratuite NoiseCapture permet de mesurer son environnement sonore avec son smartphone quand on se promène en ville. En ligne de mire : mieux étudier la pollution sonore subie par les citadins.

Dans le cadre du projet européen ENERGIC-OD, le CNRS1 et l’Ifsttar ont développé une application smartphone étonnante. Baptisée NoiseCapture, elle permet de créer des cartes du bruit en milieu urbain. À l’Ifsttar, cette « appli » totalement gratuite a impliqué cinq scientifiques nantais du Laboratoire d’Acoustique Environnementale. « Nous sommes en effet spécialisés dans le développement d’outils et de méthodologies pour mieux évaluer notre environnement sonore en milieu urbain », indique Judicaël Picaut, le chercheur du LAE qui a piloté le projet.

Mais concrètement, comment ça marche ? Conçue pour smartphones sous Android, l’appli mesure notre environnement sonore quand on se promène en milieu urbain, et permet même d’évaluer la perception qu’on en a avec des tags. Mais NoiseCapture, c’est aussi une infrastructure informatique spécifique pour traiter toutes ces données sonores géolocalisées. Une fois captées, elles sont envoyées vers un serveur qui les agrège à celles des autres contributeurs, puis qui affiche le tout sous forme de cartes de bruit. 

Des cartes de bruits plus réalistes

En ligne de mire : des cartes de bruit plus réalistes que celles obtenues jusqu’ici par les méthodes classiques de modélisation.

En effet, grâce à NoiseCapture, toutes les sources sonores en jeu sont captées, pas seulement celles que l’on peut modéliser... le tout en temps réel ! 

explique Judicaël Picaut. Des cartes de bruit affichant les données brutes des participants sont déjà en ligne.

Maintenant, tout le défi sera de réussir à bien « nettoyer » les données en fonction de la précision GPS, de la calibration des mesures, etc. Dans la pratique, cartes de bruit et données sont hébergées par le CNRS ; le code informatique Open Source est lui hébergé en ligne sur la page Ifsttar de la plateforme GitHub. Collectivités, chercheurs, entreprises... tous les acteurs concernés par le bruit en milieu urbain peuvent aussi télécharger les données brutes pour leurs propres besoins, sur une base en Open Data.

Déjà 300 contributeurs de 40 pays

La version bêta de NoiseCapture a déjà été testée par 300 contributeurs de 40 pays. À la clef : 3 000 parcours sonores récoltés, avec 500 000 points de mesures... soit l’équivalent de six jours de mesure sonore en continu. « Ce nombre reste toutefois insuffisant pour obtenir des cartes de bruit pertinentes assez concentrées sur de mêmes zones », tempère Judicaël Picaut.

Mais les chercheurs comptent sur le lancement de la version finale, prévue pour début septembre 2017, afin de créer un engouement encore plus fort. Une première « NoiseCapture Party » sera même organisée pour apprendre à bien calibrer le micro de son smartphone avant de partir à la chasse au bruit sur des quartiers ciblés. Quant au respect de la vie privée, pas de crainte à avoir : il est impossible d’identifier ni d’enregistrer un contributeur avec NoiseCapture, seuls des indicateurs de niveau sonore sont calculés.

Alors prêts pour une belle expérience de science participative ?

 

1. Le Lab-STICC du CNRS, basé à l'IUT de Vannes.