Pollution de l'air due aux transports

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De g. à d. : J-B Kovarik, - K-E Kemper - B. Buchmann - E. Sanchez Triana - S. Khardi

L'Ifsttar signe un accord avec la Banque Mondiale - Communiqué de presse du 16 novembre 2017

Le 15 novembre 2017, l’Ifsttar, institut public français de référence sur les thématiques des transports, de la ville durable et du génie civil, et la Banque mondiale ont signé à Zurich, un accord destiné à mettre en commun des moyens scientifiques dans le domaine des émissions de polluants dues à l’activité des transports.

Toutes les villes souffrent de la densité du trafic automobile et de la pollution de l’air en agglomération. L'augmentation des concentrations en particules dans l'air est un facteur reconnu de risques sanitaires, environnementaux et climatiques.

Presque 400 000[1] morts prématurés d’adultes en Europe sont attribués à la pollution de l’air et plus particulièrement aux particules fines. Dans toutes les villes, la pollution de l'air constitue un des problèmes majeurs de santé publique et d’atteinte à l’environnement. Les grandes métropoles très polluées par les particules présentent des concentrations dans l’air dépassant les seuils préconisés par l’OMS. Les impacts sanitaires et environnementaux dans les pays émergents et en voie de développement sont quant à eux, catastrophiques ou non évalués.

Le transport routier constitue une source non exclusive mais importante de ces émissions de particules. Celles-ci proviennent de la combustion, de l’abrasion, et de la remise en suspension des particules se trouvant à la surface de la route. Ces émissions routières sont incontestablement mises en cause dans l’augmentation de la morbidité et de la mortalité respiratoire et cardio-vasculaire. Elles servent de vecteurs à différentes substances toxiques, cancérigènes ou mutagènes.

Si les émissions à l’échappement sont largement étudiées, ce n’est pas le cas des émissions hors échappement.

Pourtant elles contribuent de manière significative à la dégradation de la qualité de l’air en milieu urbain.

Ainsi à proximité de feux de régulation de la circulation, les émissions liées à l’abrasion et à la remise en suspension sont plus importantes que les émissions dues à l’échappement. Les mesures de la pollution de l’air en Europe indiquent une contribution globale des émissions hors échappement aux PM10, comparable à celles des cheminées. En Europe, une augmentation des émissions hors échappement est attendue pour les prochaines années.

Depuis plusieurs années, de nombreuses recherches sur la pollution de l’air des transports à l’échappement et hors échappement sont menées à l’Ifsttar en laboratoire, mais aussi in situ, sur piste d’essais et en bord de route pour caractériser les propriétés physiques des particules émises par les véhicules. Ces recherches [2] bénéficient de soutiens de la puissance publique, à l’image de l’ADEME ou encore de l’ANR.

Dans ce cadre l’Ifsttar et la Banque mondiale ont signé un accord à Zurich dont le premier objectif permettra d’établir une analyse détaillée sur les polluants non réglementés issus des transports, les différentes technologies proposées pour les réduire, la qualité de l’air et l’impact des politiques publiques. Des comparaisons entre les pays européens, les pays émergents ne bénéficiant pas d’une réglementation en ce domaine, seront menées et des recommandations seront formulées. Ainsi, les spécialistes de la Banque mondiale et les chercheurs de l’Ifsttar s’associent pour appréhender dans sa globalité le sujet de la pollution de l’air due aux transports, notamment pour le contrôle des émissions réelles des véhicules. Une expertise sera proposée par la voie de la Banque mondiale aux états souhaitant se doter d’une réglementation proche de celle des pays membres de l’UE et des États-Unis d’Amérique ou simplement de se doter de systèmes de contrôle de la qualité de l’air leur permettant d’établir un constat objectivé par une production de données et de connaissances scientifiques. Les enjeux territoriaux, socio-économiques, politiques publiques, de la ville durable et décarbonée feront l’objet d’expertises spécifiques.

Des travaux seront traités sous les angles du développement des connaissances scientifiques nouvelles, de la gestion du trafic, des systèmes de transport intelligents, de la législation, des impacts économiques et sanitaires, de la perception de la qualité de l’air ou encore de l’impact du télétravail et de la mobilité verte, etc.

L’accord signé entre l’Ifsttar et la Banque mondiale renforce ainsi l’offre de recherche et d’expertises sur plusieurs thèmes :

  • La pollution atmosphérique dans les villes.
  • La Ville durable et les apports des connaissances scientifiques intégrés aux systèmes technologiques (contribution aux discussions sociales, à l’économie et à l’emploi).
  • Le comportement des citoyens au regard des impacts des polluants sur la santé, l’environnement et le climat.
  • Les technologies de contrôle et de réduction des émissions de polluants.
  • Le transport vert intégré.
  • Les politiques des transports, prévisions et défis socio-économiques.

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[1] Chiffre 2017 de l’Agence européenne de l’environnement (AEE)

[2] (MAESTRO, CaPVeREA, EMI2-4, PM-DRIVE, CAPTATUS, …)

Photo : De g. à d. : Jean-Bernard Kovarik, directeur général adjoint, Ifsttar - Karen Erika Kemper, Senior Director, Environment and naturel Ressources Global Pratice, World Bank - Brigitte Buchmann, Member of Board Directors EMPA, Head of Department Mobility, Energy and Environment - Ernesto Sanchez Triana, directeur des programmes; responsable des actions environnementales internationales, World Bank - Salah Khardi, directeur de recherche, laboratoire transport et environnement (LTE), Ifsttar