Vélo : oui, le casque protège vraiment !

Depuis quelques mois, tous les petits Français de moins de douze ans doivent porter un casque à vélo. Une décision qui fait suite à diverses études scientifiques sur le sujet, dont une menée à l’Ifsttar. Son principal enseignement : le casque à vélo diminue de 70 % le risque de blessures sérieuses à la tête. Retour sur des résultats sans appel.

 Le 22 mars dernier, la France publiait un décret rendant le port du casque obligatoire pour les moins de douze ans, qu’ils soient au guidon de leur vélo ou passager sur un siège enfant. Une décision qui va dans le bon sens. Car pour ceux qui en douteraient encore : oui, le casque protège vraiment ! En voici la preuve, études scientifiques à l’appui...

 

 En 2012 déjà, la toute première étude épidémiologique menée en France sur le sujet était sans appel. Basée sur 8 373 cyclistes1 blessés entre 1998 et 2008, elle révélait que 90 % de ceux blessés à la tête ne portaient pas de casque...

Mais surtout, notre étude conclut que le casque réduit de 70 % le risque de blessures sérieuses à la tête, de 31 % celui de blessure mineure et de 28 % le risque de blessure au visage.

résume Emmanuelle Amoros, chercheuse au laboratoire lyonnais UMRESTTE de l’Ifsttar.

En 2016, ces résultats français ont été confirmés par une méta-analyse internationale compilant les résultats de quarante études. Incluant 64 000 cyclistes blessés, cette dernière concluait que le port du casque réduit de 69 % le risque de blessure grave à la tête, et de 33 % celui de blessure au visage. Des résultats quasi identiques à l’étude française de 2012 !

Le casque déjà obligatoire pour tous dans certains pays

Mais attention, cette obligation de porter un casque avant douze ans ne veut pas dire que le risque de blessure à la tête est plus élevé chez ces jeunes cyclistes ! Pour preuve, certains pays l’ont déjà rendu obligatoire à tout âge, telle la Finlande... Avec toutefois le risque que cette mesure détourne certains de la pratique du vélo, comme on a pu le constater dans un pays comme l’Australie. Mais sans aller jusque-là, d’autres mesures plus ciblées pourraient être envisagées.

Dans un rapport de 2014 du Conseil national de la sécurité routière, Emmanuelle Amoros et ses collègues préconisaient par exemple le port du casque obligatoire pour les professionnels du vélo (ex : coursiers, facteurs) et sur vélos électriques, des distributeurs de casques aux stations de vélos en libre-service... ou bien encore indemnités kilométriques majorées et primes d’assurances réduites pour les porteurs de casque.

Et bien sûr, rien n’empêche d’adjoindre le port du casque aux multiples innovations de protection qui se développent actuellement : système d’éclairage projetant la silhouette lumineuse du vélo sur l’asphalte, nouveaux klaxons pour vélos aussi puissants que ceux des voitures, casques lumineux, clignotants activables depuis le guidon, etc. Mais pour Emmanuelle Amoros, avant de prouver l’efficacité de ces innovations, il faudrait déjà faire respecter la loi stipulant l’obligation d’un éclairage la nuit à vélo. « Or une de nos études a montré que seuls 60 % des cyclistes l’appliquent », déplore la chercheuse. Principales raisons invoquées pour les autres : un éclairage qui marche mal, oublié à la maison ou volé.

Imposer des éclairages efficaces et fixes serait donc déjà un premier pas... En attendant, à vos casques !

 

1. Identifiés grâce au Registre des Victimes d'Accidents de la Route dans le Rhône, instrument scientifique unique en France mis au point par l’UMRESTTE avec les hôpitaux publics et privés du Rhône.