Vespa : une nouvelle équipe dédiée au rôle des végétaux en ville

Créée en 2017 par l’Ifsttar et Agrocampus Ouest, cette Équipe de Recherche Commune mènera des recherches sur les échanges d’eau et de substances chimiques entre les plantes, le sol et l’atmosphère en milieu urbain. Des informations cruciales pour favoriser l’essor des végétaux en ville.

Les citadins sont de plus en plus demandeurs de végétaux en ville. Mais outre leur intérêt esthétique et apaisant, les plantes apportent bien d’autres bénéfices en milieu urbain : action rafraîchissante contre les îlots de chaleur, meilleure gestion des eaux pluviales et des polluants, épuration des eaux et des sols... Et bien sûr, elles constituent une source de nourriture et de moments conviviaux via les jardins urbains.

Toutefois, pour assurer ces différentes fonctions, les plantes ne sont pas des entités isolées : elles échangent en permanence avec l’environnement urbain, notamment de l’eau et des substances chimiques avec le sol et l’atmosphère. Des échanges qu’il convient de mieux comprendre pour que les plantes et leurs multiples bienfaits puissent davantage s’épanouir en ville.

Le système « sol-plantes-atmosphère » : un continuum

C’est tout l’enjeu de l’Équipe de Recherche Commune (ERC) « Ville Eau Sol Plante Atmosphère (Vespa) » dont le premier comité de pilotage s’est tenu le 2 juin 2017. Vespa a été créée par deux membres de l’Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville : l’Ifsttar et Agrocampus Ouest. Pendant une première période de cinq ans, cette équipe mènera précisément des projets de recherche en milieu urbain sur les transferts d’eau et de substances chimiques au sein du véritable continuum formé par le système « sol-plantes-atmosphère ».

L’équipe Vespa pourra compter sur une trentaine de scientifiques du Laboratoire Eau et Environnement (LEE) de l’Ifsttar à Nantes, et de l’unité de recherche angevine Environnement Physique de la plante Horticole (EPHor) d’Agrocampus Ouest.

Indique Véronique Ruban, directrice du LEE et coresponsable du Comité scientifique de Vespa.

Ces deux entités sont très complémentaires pour cette thématique « sol-plantes-eau » en milieu urbain. Depuis plus de trente ans, le LEE mène en effet des travaux sur la gestion de l’eau et de sa qualité en milieu urbain, sur les sols urbains, ainsi que sur les risques d’inondation. Quant à EPHor, elle mène de nombreuses recherches sur les échanges physiques des plantes avec leur environnement en milieu très anthropisé ou artificialisé.

Plusieurs applications potentielles

Une complémentarité évidente explique sans doute pourquoi LEE et EPHor collaborent déjà depuis 2008 dans divers projets de recherche. Et toutes ces nouvelles recherches de Vespa pourraient déboucher sur des applications très concrètes : systèmes végétalisés de traitement des eaux de pluie (noues, bassins, toitures…), évaluation environnementale de la qualité du sol pour la production vivrière urbaine, formulation de sols construits à partir de sous-produits urbains (ex : matériaux de déconstruction)..., ou bien encore des solutions pour adapter les plantes à l’environnement urbain. Pour mener à bien tous leurs travaux, l’ERC pourrait aussi développer des collaborations avec des partenaires académiques et des entreprises évoluant en France ou à l’étranger.

« Et si les travaux de Vespa s’avèrent fructueux, elle pourra être prolongée au-delà de juin 2022 », conclut une Véronique Ruban confiante.