Résumé :
La dégradation du béton par les sulfates est connue depuis le début du siècle. On pourrait penser que ce type de pathologie est en régression grâce à un choix plus approprié du ciment au stade de la conception. Pourtant, de nombreuses structures en béton sont encore touchées par une activité sulfatique dont l'origine reste souvent indéterminée. Cet article présente les résultats du diagnostic réalisé sur des pièces en béton de grande masse pour lesquelles les désordres sont liés essentiellement à des néoformations ettringitiques d'origine endogène. Elles résultent d'une remobilisation des sulfates initialement contenus dans la matrice cimentaire. L'utilisation du programme TEXO intégré dans le code de calcul aux éléments finis CÉSARLCPC nous a apporté une aide appréciable au diagnostic. Il a permis de déterminer l'élévation de température des bétons pendant leur prise. Pour l'un des bétons, la température maximale atteinte au c?ur du matériau est voisine de 80 °C, de sorte que les désordres peuvent être expliqués par une amorphisation et/ou une décomposition de l'ettringite primaire. Le mécanisme d'expansion peut résulter, soit de l'absorption de grandes quantités d'eau par les particules d'ettringite amorphes, soit de la recristallisation de l'ettringite, soit de la combinaison de ces deux phénomènes.
Mots clés :
Béton hydraulique ; Dégradation ; Sulfate ; Ouvrage d'art (gén) ; Pont ; Ciment ; Alum¡nate ; Calcium ; Programme de calcul ; Modèle numérique ; Température ; Éléments finis (méthode) ; CÉSAR ; Ettringite

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Pour citer l'article :
DIVET, L ; GUERRIER, F ; LE MESTRE, G. Existe-t-il un risque de développement d'une activité sulfatique d'origine endogène dans les pièces en béton de grande masse ? Le cas du pont d'Ondes (Haute-Garonne). Bulletin des Laboratoires des Ponts et Chaussées n°213, 1998, pp 59-72