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Thèmes de recherche

Les recherches de l'équipe DCM s'inscrivent dans l'enjeu de réduction de la pollution atmosphérique. Elles sont centrées sur les modifications de comportement quant aux choix des modes de transport et s'organisent autour de deux axes :

  • Comprendre les variables permettant de prédire des changements de comportement en matière de déplacement.
  • Élaborer des principes de communication pour la création d'outils d'information, de sensibilisation, ou d'incitation.

Axe 1 : Comprendre les freins et leviers aux changements de comportements

Les représentations de l’air

L’enjeu de nos recherches, ici, est de comprendre l’évolution et la transformation des représentations de l’air dans un contexte de mise en œuvre de politiques de réglementation des déplacements en voiture en zone urbaine. Il est important d’établir comment se construisent les liens entre la reconnaissance de l’existence du problème, l’appréhension de la responsabilité de chacun, la nécessité d’apporter des solutions et l’implication à la fois au niveau individuel et collectif.

L’étude des représentations sociales est donc une première étape indispensable à la compréhension des comportements des individus, dans le sens où elles jouent un rôle important dans l’orientation des conduites. Nous analysons les contenus des représentations de la pollution de l’air en explorant notamment les connaissances des phénomènes, la perception du risque encouru (risques sanitaires), le niveau d’attribution des responsabilités (individuel ou collectif), l’efficacité perçue des actions (individuelles et collectives).

Outre cette volonté théorique de mettre jour la pensée sociale autour de la perception de l’air et du changement climatique, cet axe de recherche est motivé par le fait que les résultats permettront de comprendre les freins et leviers à l’adhésion aux politiques publiques environnementales.

L’adhésion aux politiques publiques

Face à la mise en place de politiques publiques qui restreignent la circulation des véhicules, notamment en zone urbaine, se pose la question de l’adhésion des individus. En effet l’efficacité des mesures repose en partie sur la volonté, notamment des automobilistes, à s’y conformer et à modifier leurs comportements en matière de déplacements. Nous pouvons nous interroger, dans un premier temps, sur la signification de la mise en œuvre de ce type de mesure pour la population au regard des représentations de la pollution de l’air. Nous analysons de quelle manière peuvent se transformer ces représentations en réaction à la mise en place de dispositif réglementaire qui vise directement les pratiques. En effet, on peut craindre un effet paradoxal et donc contre-productif de mesures visant plus spécifiquement les véhicules les plus polluants (par exemple diesel). Le risque se situant dans le fait que les possesseurs de voitures autorisées à circuler soient déculpabilisés de l’usage de leur véhicule identifié comme peu polluant et incités à l’utiliser systématiquement. Il est donc important d’identifier les conditions de mise en œuvre de mesures restrictives pour qu’elles répondent à l’enjeu plus global d’un changement de comportements des urbains vers des modes de transports plus favorables à l’environnement. L’enjeu étant d’assurer l’adhésion des individus directement frappés d’interdiction de circuler mais aussi d’inciter au report modal l’ensemble des automobilistes. Il s’agit donc d’identifier les mécanismes qui permettront d’augmenter le pouvoir de sensibilisation de celles-ci aux enjeux de la qualité de l’air en ville et d’assurer qu’elles ne viennent pas en contradiction avec les mesures qui visent plus globalement le report modal.

L’acceptabilité des solutions technologiques

Nos travaux concernant l’acceptabilité des moyens de remédier à la pollution atmosphérique se rapportent également aux solutions technologiques. L’intérêt que les individus peuvent trouver à s’approprier les véhicules innovants, utilisant des énergies alternatives au pétrole, passe par l’analyse de l’utilité, de l’efficacité et de la facilité d’utilisation perçues. Elles sont des composantes de l’intention d’agir, étape préalable à l’adoption d’un comportement dans les modèles théoriques de l’action. Mais il ne suffit pas que les individus soient convaincus de l’utilité et de l’efficacité du véhicule pour l’utiliser eux-mêmes. Il s’agit aussi d’identifier et d’analyser les composantes sociales, économiques et normatives qui peuvent amener les individus à opter ou non pour ce type de véhicule.

Axe 2 : Inciter aux changements de comportements

De manière générale, cet axe de recherche explore les impacts des contextes sociaux et de communication sur les perceptions et les décisions des individus. Nous supposons que la perception subjective de l’information est plus importante que la perception objective.

Quel levier de communication est le plus effectif pour persuader de la nécessité et de la faisabilité des changements en matière de modes de déplacements ?

Cet axe se propose d’intervenir au niveau du contexte décisionnel en créant et en évaluant les dispositifs de communication les plus propices à solliciter des changements comportementaux. Son objectif est d'élaborer des principes de communication afin de faciliter l’adhésion à des politiques publiques restrictives, et d'améliorer l’acceptabilité de solutions technologiques pour assurer l'efficience des changements de comportements de mobilité.

Optimiser l’usage des véhicules

La réduction de la pollution liée aux transports passe également par une utilisation efficiente des véhicules : éco-conduite d’un véhicule thermique,  prolongation de la durée de vie de la batterie d’un véhicule électrique… Il est donc nécessaire de conseiller et orienter les usagers. Ces recherches ont pour but de comprendre les processus psychologiques sous-jacents aux motivations à optimiser l’utilisation d’un véhicule afin d’améliorer la communication envers les usagers, concevoir des dispositifs d’aide efficaces…

Réduire l’usage de la voiture au profil de modes plus favorables à l’environnement

En zone urbaine, les déplacements automobiles quotidiens, représentent une part importante de la pollution atmosphérique. L’enjeu est donc, pour répondre à l’exigence de réduire l’exposition des populations à la pollution formulée par l’Europe et l’OMS, de favoriser le report modal vers des moyens de transports plus durables.

Dans la majorité des cas, les politiques publiques de transport partent du principe que les choix des usagers de la route sont rationnels, cohérents et efficaces, comme l’illustrent les programmes basés exclusivement sur des incitations financières et/ou une augmentation des coûts. En d’autres termes, l’individu est censé effectuer le choix qui lui rapporte le plus et qui lui coûte le moins. Ce modèle échoue cependant à expliquer une part significative des comportements humains, en particulier en termes de mobilité. En effet, la prise de décision est une activité complexe, influencée par des facteurs qui peuvent sembler irrationnels à première vue, ce qui explique que des motifs pourtant rationnels, tels que l’allongement du temps de trajet causé par les ralentissements, les effets sur la pollution et le réchauffement climatique, entrent relativement peu en compte dans les choix des comportements de mobilité. Il est alors nécessaire d’identifier des leviers pour impulser des changements comportementaux permettant une mobilité plus sobre en énergie.