Les recherches sur la pollution due aux transports sont dans l’air

Organisée par l’Ifsttar, la 21e conférence internationale Transports et pollution de l’air (TAP) aura lieu à Lyon, du 24 au 26 mai. L’occasion de faire le point sur les polluants issus des transports, les différentes technologies proposées pour les réduire, la qualité de l’air et l’impact des politiques publiques.

Même si les transports ne sont pas la seule source de pollution de l’air, ils sont au cœur des recherches et débats depuis longtemps, notamment au sein des conférences TAP, organisées en Europe ou aux États-Unis depuis 1986. L’édition 2016 a lieu, cette fois, en France et devrait réunir plus de 200 spécialistes. « Jusque-là, les sujets étaient abordés surtout du point de vue de la physicochimie de l’environnement et de la qualité de l’air, explique Salah Khardi, directeur de recherche au laboratoire Transports et Environnement (LTE) et organisateur de l’évènement. Ces approches feront toujours l’objet de plusieurs présentations et d’une session plénière où le professeur Mario José Molina, prix Nobel 1995 pour ses travaux sur la chimie de l’atmosphère, devrait intervenir. En outre, nous avons souhaité ouvrir encore plus les discussions sur deux aspects permettant de réduire les émissions : les développements technologiques, d’une part, et l’organisation des politiques de transport, d'autre part. En se demandant à chaque fois comment évaluer les impacts et contrôler les émissions. »

Entretemps, l’actualité a mis le sujet du contrôle des émissions réelles des véhicules sur le devant de la scène. La question sera abordée, notamment en séance plénière par Joanna Szychowska, responsable des industries automobiles et de la mobilité auprès de la Commission européenne. Une session sera également consacrée à la métrologie et en particulier aux mesures de conduite en conditions réelles, avec un objectif : représentativité et répétitivité. Y seront présentées des solutions pour améliorer les appareils de mesure, rendre les équipements moins volumineux et extrapoler les résultats. Autant de sujets qui alimentent les débats quant à la définition des nouvelles règlementations qui devraient entrer en vigueur en 2017. Une session spéciale, sous la forme d’un tutorial, s'intéressera, par ailleurs, aux véhicules électriques et hybrides et à leurs émissions, sujets peu abordés dans les conférences précédentes.

Quant aux enjeux territoriaux, socio-économiques et à la politique publique, ils seront traités sous l’angle de la gestion du trafic, des systèmes de transport intelligents, de la législation, des impacts économiques et sanitaires, de la perception de la qualité de l’air ou encore de l’impact du télétravail et de la mobilité verte (véhicules électriques, hybrides). Autre originalité cette année, qui s'adresse aux décideurs et au grand public : une table ronde publique réunira des acteurs, pas tous chercheurs, pour évoquer la qualité de l’air en ville (avec des élus, des associations, l’Ademe, un cancérologue, des responsables locaux de la qualité de l’air). Par ailleurs, des sessions porteront sur les émissions, incluant celles hors échappement (usure de pneus, de freins, remise en suspension de poussières, évaporation de carburant du réservoir), sur l’identification des sources de polluants, sur l’optimisation des systèmes de transport ou leur efficacité énergétique. Un large tour d’horizon en perspective.

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