Projet MICAd’O

L’École polytechnique et la SATT Paris-Saclay signent une convention de maturation dans le cadre du projet MICAd’O - Communiqué de presse, Orsay – 15 juillet 2019.

L’École polytechnique, en tant que mandataire de l’IFSTTAR et du CNRS, et la SATT Paris-Saclay ont signé le 24 avril dernier une convention de maturation dans le cadre du projet MICAd’O. Issu des travaux de recherche menés par l’équipe de recherche NACRE*, au sein du projet européen Proteus, ce projet a pour objectif de développer une technologie de nanocapteurs multi-paramètres et bas coût pour l’analyse de l’eau.

Si, dans un contexte de protection de l’environnement, tout le monde s’accorde aujourd’hui sur l’enjeu majeur que représente la qualité de l’eau, force est de constater que, sur le marché de l’analyse de l’eau, les technologies opérant sur site et fournissant des données en temps réels sont encore peu nombreuses et très onéreuses. Et pour cause, il est très complexe de différencier finement les nombreuses espèces chimiques présentes dans cet élément.

Comme l’explique Bérengère Lebental, chercheuse IFSTTAR** au sein de l’équipe NACRE* et co-responsable scientifique du projet « pour y parvenir, on utilise en général une somme de capteurs chimiques mono-paramètres, ce qui pose de nombreux problèmes d’intégration ». Conséquence de cette complexité : le prix des capteurs aujourd’hui disponibles sur le marché avoisine souvent les 10 000 euros / pièce.

C’est à cette problématique que se propose de répondre le projet MICAd’O. « Nous avons en effet pour ambition la fabrication de capteurs multi-paramètres pour l’analyse de l’eau dont le coût pourrait être divisé par 10 ; la technologie que nous développons exploite une forte synergie entre des nanotubes de carbone et des molécules dédiées élaborées dans notre laboratoire », annonce Gaël Zucchi, chercheur CNRS au sein de l’équipe NACRE*, responsable scientifique du projet.

Une ambition que la SATT Paris-Saclay a décidé de soutenir en accordant au projet un financement de 537 000 euros sur 18 mois dans le cadre d’un programme de maturation. « Outre la robustesse de l’équipe multidisciplinaire dont le projet est issu et que nous connaissons bien pour avoir déjà travaillé avec elle, nous avons été convaincus par la variété d’applications envisageables grâce à la versatilité de la technologie développée », explique Sterenn Gernigon, chef de projet maturation, en charge du projet MICAd’O.

Car c’est bien en effet dans la versatilité de la technologie brevetée en avril 2017 que réside la force du projet. « Si dans nos recherches d’origine consacrées à l’analyse de l’eau potable, nous nous sommes concentrés sur la détection de quelques paramètres, type chlorure, nitrates et métaux lourds, nous envisageons désormais d’élargir la palette de polluants détectables et ainsi de pouvoir, à terme, répondre plus spécifiquement aux besoins du marché » conclut Gaël Zucchi. Une réponse qui passera a priori par la création d’une start-up dont l’équipe est actuellement en cours de constitution par les porteurs scientifiques du projet.  

  


* NACRE (Nanotechnologies pour des Cités Respectueuses de l’Environnement) est une équipe de recherche commune entre le CNRS, l’Ecole Polytechnique, l’IFSTTAR et les MINES ParisTech.

 ** Au sein des laboratoires Instrumentation, simulation et informatique scientifique (LISIS, COSYS/IFSTTAR/Université Paris-Est) et Physique des interfaces et des couches minces (LPICM, CNRS/Ecole Polytechnique)

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